info patients : La fibrillation auriculaire, les Nouveaux AntiCoagulants… qu’en penser ?


Publié le 31 Octobre 2013

info patients : La fibrillation auriculaire, les Nouveaux AntiCoagulants… qu’en penser ?

(dans cette vidéo, le cholestérol est cité, mais l’intrication avec le risque Cardiovasculaire chez les patients qui n’ont jamais eu de fragilité vasculaire et le lien cause/effet est plus complexe qu’il n’y parait. Mais ce n’est pas le sujet du présent article)

La Fibrillation auriculaire est une forme d’arythmie. Le cœur se met à bat à battre irrégulièrement de façon permanente ou paroxystique. Le patient peut le ressentir (essoufflement inhabituel, palpitations, voire troubles neurologiques…) mais peut très bien ne pas s’en rendre compte.Cette arythmie présente notamment un risque de provoquer des Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC).

Voir ici la première vidéo, également reprise en haut du présent billet.

En étant très simpliste, l’oreillette (d’où le terme « auriculaire ») se met à « fibriller », à frémir, à trembler à un rythme irrégulier et ne plus se contracter. Le sang circulant vers les ventricules a tendance à stagner un peu à la surface interne de ces oreillettes, stagnation qui peut finir par aboutir à des caillots. Ces caillots, lorsqu’ils se forment, peuvent partir dans la circulation générale (embolie) à tout moment (ou au moment où l’oreillette se remet à se contracter normalement, cas où la fibrillation auriculaire est dite paroxystique). Ce caillot-embolie, peut se loger, via une artère, dans le tissu cérébral. S’il s’y loge de façon courte, il provoquera un Accident ischémique Transitoire (AIT), mais s’il obstrue plus durablement l’artère, un Accident Vasculaire Cérébral (ischémique) sera constitué (AVC).

Ainsi en cas d’AVC ou d’AIT on recherche, entre autre, si existe une fibrillation auriculaire permanente (à l’ECG) ou paroxystique(au holter ECG). On recherche aussi d’autres causes, vaisseaux du cou, plaques d’ahérome, anomalie valvulaire cardiaque etc…

Aussi, en cas de découverte à l’auscultation ou à l’ECG ou au Holter ECG d’une Fibrillation Auriculaire, les cardiologues proposent souvent une anticoagulation pour prévenir ces accidents cérébraux.

Bien entendu cette anticoagulation n’est pas sans risques de complications, elle est parfois contre indiquée, et le médecin utilise souvent des scores pour apprécier le risque de faire un caillot circulant (embolie).

L’anti-coagulation peut de faire sous forme d’injections, mais le plus souvent au long cours c’est la forme orale (par comprimé) qui est proposée.

Depuis longtemps les AVK (antivitamine K) sont utilisés. Leur maniement n’est pas aisé, l’alimentation faisant varier le taux d’inr. Mais en cas de danger, de risque hémorragique, de traumatisme, de nécessité d’opérer en urgence, il existe une antidote : la vitamine K

Les Nouveaux Anticoagulants Oraux (NACOS), Xarelto®, Pradax®, Eliquis® ont l’avantage certain de ne pas necessiter la surveillance de l’AVK… c’est un avantage qui trouble beaucoup de médecins, dont je fais partie… pas de test ok, mais sommes nous surs que nous sommes efficaces…ou que nous ne sommes pas en surdosage-risque hémorragique….

La Haute Autorité de Santé (HAS) considère « Dans la plupart des cas, les AVK restent les anticoagulants oraux de référence. Les anticoagulants oraux non AVK représentent une alternative. Ils sont, eux aussi, susceptibles d’induire des hémorragies graves. »(sic).Lire ici.

Ces derniers mois des accidents ont été décrits sous ces « NACOS » provoquant la mise en surveillance renforcée, lire ici lANSM qui rappelle qu’il ne faut pas arrêter son traitement anticoagulant sans avis médical et qu’il est indispensable lorsqu’un traitement anticoagulant a été prescrit de ne pas l’arrêter sans avis médical, compte tenu du risque de complications thrombotiques graves pouvant survenir, parfois à court terme. Il est également indispensable de prendre régulièrement son traitement et au patient d’informer systématiquement tout professionnel de santé qu’il reçoit un traitement anticoagulant.

Pour aller plus loin sur le plan scientifique et médical, lire les réflexions du Dr J.M. Vailloud, cardiologue, dont les déclarations de conflits d’intérêt rassurent sur la transparence de ses écrits http://grangeblanche.com/2013/01/12/aristotle-apixaban-et-fibrillation-auriculaire/

Cordialement,

Dr Frédéric Dussauze

Pas de conflits d’intérêt à déclarer dans les références citées.

www.dussauze.com

Cet article est issue d ‘une expérience de terrain

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